The Lady Magpie
- Melanie Lebrun
- 22 mai 2025
- 4 min de lecture

Qui se cache derrière The Lady Magpie?
On y trouve Maggie... mais en vrai c'est Gabe. Femme queer qui adore conduire de la machinerie lourde et confectionner des costumes! Je suis costumière depuis toujours, je produis mes propres cabarets et je suis même serveuse au Cabaret Mado - quand je n'y performe pas!
D’où vient ton nom de drag ?
J'aime tout ce qui brille et j'adore raconter des histoires comme la pie jacasseuse - la "magpie".
Lors de ma première perfo burlesque dans un party d'amix, le MC m'a demandé mon nom de scène et c'est la 1ère chose qui m'est venue. Le personnage a évolué depuis et on peut aussi m'appeler Maggie Magpie, pour les intimes.
Comment décrirais tu ton drag ?
Je suis comme une femme des années 1920 dans la grâce et l'élégance qui préfère se shaker le booty sur du Pussycat Dolls des années 2000 en petite tenue! L'émancipation, la sensualité et l'humour font toujours partie de mes narratifs dans mes numéros.
Depuis combien de temps fais-tu du drag?
Le 2 mars 2024; lors de la nuit blanche de Montréal; est la date officielle de ma première perfo drag. Je fais du burlesque depuis les 3 dernières années, alors mon temps de scène est bien supérieur à mes débuts en drag en vérité.
Qu'est-ce qui t'a donné envie de te lancer ?
Mon partenaire de burlesque, Gazoline, et moi avons toujours aimé nous drag up pour nos perfos burlesque. Je pense que je commençais la drag par moi-même sans trop savoir ce que je faisais.
Ce qui m'a vraiment lancée, c'est ma découverte de Gisèle Lullaby dans l'émission Drag Queen : star de la pop! à Télé Québec. C'est la seule que je ne connaissais pas du cast et j'ai eu un instant crush. J'ai regardé sa saison de Canada's Drag Race (je ne savais même pas qu'on avait notre franchise...) et j'ai capoté !
L'univers de la drag vient vraiment rejoindre mon univers créatif et y répond davantage, ayant beaucoup d'idées et de matériaux, le rythme de la drag me parle vraiment.
As-tu une famille drag ?
Oui, justement, suite à ma découverte de Gisèle, je suis allée à son show hebdomadaire au Cabaret Mado à Noël 2023 et après avoir jasé et connecté rapidement, j'ai simplement lancé un "J'aimerais tellement ça que tu sois ma drag mom!" et elle m'a prise dans ses bras en me disant "Ah ben oui, t'es tu cute!"... wait, whut? Je savais pas trop ce que ça impliquait. Quelques semaines plus tard, je l'ai approché pour des conseils et elle m'a simplement appelée - c'est là que j'ai compris qu'elle allait show up no matter what.
Elle m'a adoptée dans un moment extrêmement difficile de ma vie, j'étais vraiment au bout du rouleau et sa présence a fait office d'étoile du nord dans un moment où je n'avais plus aucun repère, où j'avais à peine la tête hors de l'eau. Je peux dire que la drag a vraiment changé ma vie.
Maintenant, on partage notre atelier de costumes ensemble et c'est honnêtement la plus belle collaboration créative de ma carrière de costumière - je capote ! We got each other's back et c'est vraiment précieux.
Qu’est-ce qui est le plus difficile dans ce métier ?
Outre les talons haut qui font mal au dos et le prix exorbitant du maquillage, le manque de reconnaissance des gens qui engagent les drags sans connaissance de cause est ce qui est le plus difficile.
Il y a encore beaucoup d'éducation à faire sur comment recevoir des artistes, comment les traiter.
Comment s'assurer de leur sécurité face au public, combien vaut le travail qui vient avec une performance de quelques minutes.
Peux tu nous raconter ton pire et ton meilleur moment sur scène?
Je crois que mon pire moment était pendant une soirée où des performances de drag et de cirque se relayaient. Je passais juste après une contorsionniste qui venait de faire des trucs super impressionnants, les attentes étaient hautes! Pendant ma performance, il y avait une dame assise au premier rang qui me regardait droit dans les yeux, les bras croisés, avec aucun sourire, dans l'attente de se faire entertainer et je le prenais vraiment personnel!
La drag est un art vivant, alors quand le public donne, ça nous donne du jus.
Mais là, j'étais fâchée de ce genre d'attitude direct au premier rang. Je ne me trouvais pas professionnelle de le vivre comme ça, ceci dit ce moment me rappelle l'importance de croire en ce que JE fais et de ne pas me laisser atteindre par les quelques personnes qui n'aiment pas mon art, contrairement à tous ceux qui m'encouragent.
Mon meilleur est sans équivoque : Majestix 2024. Ça se passe en deux temps. Je remplaçais une drag dernière minute dans le numéro des Belles Sœurs de Marla Deer. J'ai appris la mise en scène et les paroles la veille et le jour même.
Avant d'entrer sur scène, Justin Trudeau passait pour serrer la main et prendre des photos.
Serrer la main à Justin Trudeau, en drag : CHECK!
Ensuite, on a fait notre numéro devant 20 000 personnes (CHECK!) et je me sentais absolument à ma place avec ma famille de drag sur une grande scène comme ça. Le sentiment d'excitation et de bonheur de faire ça était juste incomparable.
Un conseil pour les jeunes drags ?
Fais-le pour le plaisir d'abord et avant tout !
Ce n'est pas un métier payant en commençant, ça prend un travail personnel et créatif énorme pour percer, alors de le faire par plaisir est la clé. Sinon, ça ne sert à rien. Surtout, prendre soin de soi au-travers de ça, c'est vraiment important : personne ne veut voir un.e performeur.euse qui se fait chier sur scène! On veut voir des sparkles et de la joie, alors il faut surtout alimenter cet aspect au quotidien.
Alors mon meilleur conseil : nurture the love, spread the sparkles!




Commentaires